École Normale (HEP), Fribourg – interview de Paul
Berger

Présentation :
Paul Berger partage son temps de travail à raison de 40% au Centre Fri-Tic en
qualité de conseiller pédagogique et de 50% à la HEP en qualité de chargé de
cours. Dans le cadre de son engagement à la HEP, il collabore encore au
fonctionnement de l’Observatoire d’Épendes en y accueillant les classes en
période scolaire, chaque mardi.
- Depuis quand
utilisez-vous un ordinateur, de
manière générale ?
Depuis 1982, j’ai découvert l’ordinateur lors des premiers cours donnés
dans le cadre de la formation continue des enseignants ; il
s’agissait alors d’une initiation à la programmation en Basic. Pour mettre
en pratique, j’ai fait l’acquisition d’un ZX 81, une pièce de musée
aujourd’hui.
- Depuis quand
utilisez-vous un ordinateur pour
votre travail ?
Depuis 1983, l’année suivante, le ZX 81 est introduit dans ma classe,
5-6P ; il va servir à faire travailler le calcul mental de mes
élèves, par différents programmes écrits en BASIC. J’ai consacré également
passablement de temps à réaliser un programme pour faire les moyennes.
- Pour quelles
tâches spécifiques l’utilisez-vous ?
Aujourd’hui, c’est mon outil de travail quotidien ; tout passe par
là ; il est intégré au réseau. L’écrit, l’image, les préparations de
cours, le courrier électronique, la gestion de classe avec Educanet
passent par ce canal. Avec les élèves de dernière année de l’École
normale, j’ai entrepris la réalisation de produits pédagogiques avec le
logiciel HotPotatoes, ainsi que la création de sites internet offrant une
séquence d’apprentissage à destination des élèves.
Utilisation dans les loisirs ; astronomie, p.ex. simulation à
l’observatoire d’Épendes. Plus de la moitié de mes connaissances en
astronomie ont été acquises par logiciel interposé.
DVD et photos numériques réalisées dans les loisirs permettent aussi de
découvrir les utilisations pédagogiques qu’il est possible d’entreprendre
ensuite. Il faut utiliser l’ordinateur dans toutes les situations qui
permettent une exploitation plus judicieuse que par d’autres procédés.
- Comment les
ordinateurs ont-ils été introduits dans le cadre de votre
école (ENC)?
Les outils informatiques étaient déjà présents à mon arrivée ;
introduits par des passionnés, dans les années 80/90.
- Quels ont
été les obstacles à cette introduction ?
N’ayant pas été impliqué dans leur introduction, je n’en connais pas.
Avec le recul, je peux remarquer que certains enseignants ont mis du
temps à adhérer à leur utilisation.
- Qu’est-ce
qui l’a motivé ou encouragé ?
Au niveau du secondaire 2, la plupart des enseignants concernés par
l’informatique ont travaillé en commun à la réalisation d’un curriculum.
Le financement des équipements par l’État est aussi un facteur favorable.
- En quoi
l’ordinateur a changé la façon d’enseigner ?
Dans mon rôle de collaborateur pédagogique auprès du Centre de
documentation pédagogique, j’ai œuvré pour vulgariser l’outil
informatique. Il faut accompagner les enseignants et dédramatiser
l’ordinateur. Dans un premier temps, j’ai pensé utiliser l’outil
informatique à la place du rétroprojecteur, en animant des présentations.
Malgré cela, j’estime qu’une présentation PowerPoint n’est donc pas un bon
exemple d’enseignement. C’est une manière «modernisée» de pratiquer
l’enseignement frontal. Il faut plutôt mettre les TIC dans les mains des
élèves et leur permettre de s’approprier du savoir par leur intermédiaire.
Durant une partie de cette année scolaire, j’ai expérimenté une forme de
classe virtuelle avec les élèves de l’ENC par le biais d’Educanet ;
malgré quelques difficultés, les élèves (moi également) ont tiré profit de
ce type de relation pédagogiques asynchrone.
- Pourrait-on
s’en passer ?
Non. Mais il faut reconnaître que les «pannes» nous placent dans une
situation de dépendance avancée. Comment travailler quand cela ne marche
plus ? quand le réseau ne répond plus ?. C’est l’horreur. Il
faut s’assurer d’une permanence technique.
- Que
feriez-vous pour persuader un collègue qui est encore réfractaire ?
Actuellement, il n’y a pratiquement plus personne dans notre établissement
qui n’en fait pas usage. Toutefois, jamais je ne tenterais de persuader
quelqu’un contre son gré. Il ne faut pas forcer des gens. Par contre je
lui montrerai les aspects intéressants dans son rayon d’action.
- Quelles sont
vos attentes face à la formation mise en place dans le canton et par la
Confédération ?
Je suis heureux de pouvoir suivre une nouvelle formation, de consacrer du
temps à préparer la formation complémentaire des enseignants même s’il y a
beaucoup d’énergie et d’effort à fournir.