École enfantine – interview de Mme. Patricia Gaillard

Présentation :
Mme. Gaillard est inspectrice auprès des classes enfantines. Elle est
enseignante primaire de formation. Elle a travaillé en maternelle et au
primaire dans tous les degrés avant de devenir inspectrice.
- Depuis quand
utilisez-vous un ordinateur, de
manière générale ?
Depuis 1992. Au début, j’ai utilisé cet outil par intérêt et par
curiosité de manière privée. Je souhaitais en faire une approche qui me
permettrait, lorsque j’en aurais acquis une certaine maîtrise, de
l’utiliser ensuite en classe.
- Depuis quand
utilisez-vous un ordinateur pour
votre travail ?
Depuis la rentrée 1992.
- Pour quelles
tâches spécifiques l’utilisez-vous ?
Je l’utilise essentiellement pour créer des documents de travail à
destination des élèves. Progressivement, j’ai entrepris une initiation des
élèves (5/6P) pour la saisie de leurs exposés. En classe maternelle, il
n’y avait pas d’équipement au départ. Dans les petites classes,
l’utilisation de cédéroms éducatifs a rencontré un intérêt important.
D’abord, il a fallu commencer avec des exercices de motricité (déplacement
de la souris) avant de pouvoir laisser les élèves travailler seuls. Le
travail se fait essentiellement par ateliers. Aujourd’hui, en classe enfantine,
le démarrage est beaucoup plus facile ; certains enfants sont assez à
l’aise, car la plupart possèdent déjà un ordinateur à la maison.
- Comment les
ordinateurs ont-ils été introduit dans le cadre de votre école ?
Dans la commune où j’enseignais, un passionné d’informatique dans la
commission scolaire a joué un rôle primordial pour l’équipement des
classes en 1995. Il a décidé da passer par-dessus toutes les difficultés
pour réussir à équiper l’école.
- Quels ont
été les obstacles à cette introduction ?
Les premières difficultés rencontrées l’ont été essentiellement au niveau
financier. Les effectifs de classe ainsi que l’espace disponible dans les
salles de classe ont été aussi un frein à l’équipement. Il n’y a eu que
peu de résistance de la part des enseignants, étant donné que cette
introduction s’est faite sous la forme d’un projet d’établissement où
chacun était concerné. Le soutien technique a parfois fait défaut
localement en cas de petits problèmes rencontrés. Sans aide technique
locale, les ordinateurs ont parfois pu rester bloqués durant un mois.
- Qu’est-ce
qui l’a motivé ou encouragé ?
L’enthousiasme des maîtres, le projet d’établissement ont été des
éléments positifs au développement. L’intérêt manifesté par les enfants
est aussi à noter.
- En quoi
l’ordinateur a changé la façon d’enseigner ?
Parmi les plus grands changements, il faut mentionner une modification
importante dans l’organisation de la classe. L’ordinateur fait partie de
l’enseignement et le désir d’en tirer parti était bien présent. Les
nouveautés apportées par les CD-ROM ont créé une synergie parfois
étonnante. Le plaisir rencontré aussi bien par les élèves que par les
enseignants est aussi un facteur positif non négligeable.
- Pourrait-on
s’en passer ?
Difficilement. En cas de panne des machines, le manque se fait chaque fois
cruellement ressentir. Si l’atelier informatique n’est pas disponible, des
récriminations de la part des enfants se sont manifestées.
- Que
feriez-vous pour persuader un collègue qui est encore réfractaire ?
Il paraît nécessaire que les personnes susceptibles d’introduire les TIC
en classe en aient une bonne image ; la première option que je
proposerais d’entreprendre est une invitation en classe pour une
démonstration. L’utilisation des «classes hôtesses», qui reçoivent des
enseignants en visite, offre la possibilité de se rendre compte de visu
des effets positifs de l’introduction de l’informatique dans les classes
enfantines. Il est vrai que les capacités personnelles dans l’usage de
l’outil informatique sont d’une aide rassurante. Le soutien (coaching) est nécessaire pour les plus débutants. Le
décloisonnement scolaire peut apporter une richesse qui n’est pas sans
influencer positivement les différents partenaires...
- Quelles sont
vos attentes face à la formation mise en place dans le canton et par la
Confédération ?
Une formation de base est nécessaire (outils bureautiques) pour «rassurer»
les utilisateurs et les amener à une première «maîtrise» des outils TIC.
Il faut être quelque peu à l’aise avec l’appareil avant de vouloir le
mettre à disposition des élèves. Il est nécessaire de soutenir activement
les enseignants au départ : les déceptions premières sont parfois
définitives. Il ne devrait pas y avoir de différences … dans la formation
de base entre les enseignants primaires et les enseignants de classe
enfantine. Une formation continue riche et axée sur des spécialisations
est utile et motivante pour le personnel enseignant.