CO du Belluard, Fribourg  – interview d’Yvan Oberson

 

 

Présentation : Biologiste de formation, Yvan Oberson s’est initié à l’informatique très tôt, en 1981 sur un Commodore PET. Pionnier de l’informatique dans le cadre des cours facultatifs dès 1984, il a participé à l’introduction généralisée des ordinateurs dans le canton de Fribourg en 1987. Il enseigne actuellement les branches scientifiques au cycle d’orientation du Belluard et assure la formation en didactique des futurs enseignants en sciences naturelles. A cet effet, il a mis en place quelques sites internet tels que «co–belluard.ch» et «biofri.ch» qui ouvrent des perspectives éducatives nouvelles.

 

  1. Depuis quand utilisez-vous un  ordinateur, de manière générale ?
    Depuis 1981. première année d’enseignement (Commodore Pet) l’année suivante, l’école acquiert des Texas TI99 / 4A. Premiers pas en Basic – tableau d’évaluation – moyennes... enregistrement sur cassette magnétique... long !  long ! Autodidacte.
    .. aucun cours d’informatique n’a été suivi durant la formation universitaire.

 

  1. Depuis quand utilisez-vous un  ordinateur pour votre travail ?
    Depuis 1982 pour les notes et pour la préparation des cours. Découverte du Mac+ en 1987 : projet d’examens de fin de scolarité en mathématiques. Le travail d’impression était laborieux : il fallait d’abord imprimer sur une imprimante matricielle, puis transporter le document auprès du magasin qui disposait d’une imprimante laser. Notre école a été équipée des premières imprimantes laser en 1989 ; elles servaient alors à réaliser les matrices offset.

  2. Pour quelles tâches spécifiques l’utilisez-vous ?
    Je l’utilise pour la création de tous les supports de cours. J’ai développé l’apprentissage de l’autonomie de mes élèves en math. Encore actuellement, nous utilisons un système de base de données avec des Mac + . L’élève l’utilise comme «coup de pouce». Il y trouve des méthodes, truc et astuces. Par contre la démarche de résolution est à trouver par les élèves.
    Avec Internet, de grandes perspectives s’ouvrent. En biologie, internet permet d’aller très loin. Les mécanismes de photosynthèse sont plus intéressants avec l’aide d’Internet. L’idéal est maintenant de travailler avec des portables dans la classe.

 

  1. Comment les ordinateurs ont-ils été introduit dans le cadre de votre école ?
    Les collègues ont amené leur matériel personnel... L’école s’est rendu compte de l’utilité et a procuré ensuite du matériel à l’intention de maîtres.
    1. Quels ont été les obstacles à cette introduction ?
      Aucun. Dans notre CO, une majorité des enseignants était intéressée et motivée. La direction a toujours essayé de rentabiliser au mieux les investissements.
    2. Qu’est-ce qui l’a motivé ou encouragé ?
      La volonté des animateurs et des profs. Depuis très longtemps, des ateliers informatiques ont été proposés aux élèves dans le cadre des cours à options ou de semaines thématiques.
      On a pu assister depuis à des réactions étonnantes des élèves qui venaient spontanément demander à corriger leur site lorsque des camarades leur signalaient des erreurs. C’est une situation idéale. L’élève est responsabilisé et il est conscient de ses limites.

 

  1. En quoi l’ordinateur a changé la façon d’enseigner ?
    Actuellement, je ne pourrais plus m’en passer. Dans chacun de mes cours, j’essaie de mettre un peu d’Internet. L’intégration des TIC nous pousse à Être critique face aux recherches. Elles permettent de «voir» des simulations plus aisément. En mathématiques, j’utilise des démonstrations géométriques de Pythagore à l’aide de logiciels spécifiques comme Cabri-Géomètre.

  2. Pourrait-on s’en passer ?
    Non ! Cela implique aussi que je suis amené à changer souvent d’outil. Au niveau de la messagerie, j’utilise énormément l’email. Sans ces outils, la gestion de l’école serait quasi impossible (listes de présences, notes, rapports,…).
    Le vendredi soir, je joue de la musique (sans Internet)...
    Je l’utilise même pour créer des séquences musicales pour les répétitions.

 

  1. Que feriez-vous pour persuader un collègue qui est encore réfractaire ?
    Je lui montre tout ce qu’on peut faire.... J’ai la patience de le faire. Dans mon école, les profs ne sont pas obligés de préparer leurs travaux ou de transmettre leurs notes à l’aide de documents informatiques, mais tout est à disposition et l’utilisation des TIC se fait de façon assez naturelle, sans contrainte.

  2. Quelles sont vos attentes face à la formation mise en place dans le canton et par la Confédération ?
    Cette formation devrait m’apporter un plus dans tout ce que je n’ai pas pu apprendre en autodidacte. J’en attends donc beaucoup, notamment dans les secteurs du traitement du son et de la vidéo ainsi que dans la réalisation de DVD!
    J’ai un désir fort d’apprendre sur des sujets pour lesquels je n’ai encore que peu de connaissances.